En bref :
- 32 cas confirmés de paludisme d’aéroport ont été recensés à Roissy depuis 1969.
- Le phénomène de paludisme d’aéroport provient de moustiques voyageurs infectés transportés par avion depuis des pays tropicaux.
- Deux décès récents à l’aéroport de Francfort ont ravivé l’inquiétude autour de ce risque sanitaire rare mais réel.
- Le risque de transmission du paludisme à la population générale reste cependant faible et limité à la zone aéroportuaire.
- Des mesures de prévention paludisme sont en place, notamment des dispositifs de contrôle et de surveillance dans les aéroports internationaux.
Le paludisme d’aéroport : un phénomène méconnu mais confirmé à Roissy
Depuis plusieurs décennies, un risque particulier appelé paludisme d’aéroport est observé dans certains aéroports européens, avec un nombre notable de cas confirmés à Paris-Charles-de-Gaulle, connu sous le nom de Roissy. Cette forme de transmission du paludisme se produit lorsqu’un moustique infecté, originaire d’une région où la maladie tropicale est endémique, est transporté par avion. Ce moustique, dit « voyageur », survit au trajet et peut piquer une personne à l’aéroport, provoquant ainsi un cas localisé de paludisme.
Une étude publiée en 2024 par la revue Eurosurveillance a recensé depuis 1969 un total de 145 cas de paludisme liés à ce phénomène en Europe, dont 105 sont des cas de paludisme d’aéroport. Parmi eux, Roissy figure en tête avec 32 cas, suivi de Bruxelles et Francfort. Ce chiffre souligne l’importance des flux aériens entre Paris et des zones concernées par le paludisme, ce qui explique la fréquence de ces incidents à Roissy. La plupart des cas surviennent durant les mois chauds, notamment en été.

Les moustiques voyageurs : comment le paludisme traverse les océans
Pour que se produise cette forme exceptionnelle de contamination, le vecteur, un moustique Anopheles infecté, doit non seulement survivre à un long vol – parfois à l’intérieur des avions – mais également trouver un hôte humain dès son arrivée. Ce phénomène est rare mais réel, comme l’illustrent les récents cas confirmés à l’aéroport de Francfort, où six employés ont contracté la maladie tropicale en juillet 2026, dont deux en sont décédés.
Cette situation a relancé l’attention sur la nécessité de renforcer la surveillance entomologique au sein des infrastructures aéroportuaires. À Francfort, des pièges à moustiques ont été installés et des analyses génétiques sont en cours pour comprendre précisément la chaîne de transmission et la provenance des insectes infectés. Ces mesures sont essentielles pour limiter le risque sanitaire et prévenir de nouvelles contaminations sur le territoire européen.
Mesures de prévention au cœur des aéroports européens
Les autorités sanitaires insistent sur le caractère exceptionnel du paludisme d’aéroport qui ne constitue pas une menace pour la population générale hors de l’enceinte aéroportuaire. Pour limiter les incidents, plusieurs dispositifs sont déployés :
- Surveillance renforcée des insectes vecteurs aux points d’entrée.
- Traitement insecticide régulier des zones périphériques des aéroports.
- Formation du personnel aéroportuaire pour détecter les symptômes précoces chez les employés.
- Information aux voyageurs sur les risques réels et les précautions à prendre dans les zones endémiques.
La prévention repose également sur le contrôle des échanges de bagages et du fret, puisque les moustiques peuvent aussi être transportés dans des valises, un scénario appelé paludisme des bagages. Les mesures mises en place à Roissy sont particulièrement vigilantes en raison des flux importants avec des pays africains et tropicaux.
Le paludisme reste une maladie majeure dans de nombreuses régions du monde, mais sa transmission via des moustiques infectés voyageant par avion rappelle que la vigilance doit rester de mise même dans les zones à faible incidence, comme en Europe.
Impact sur les voyageurs et recommandations sanitaires
Pour la majorité des voyageurs, le principal risque demeure la contraction du paludisme en séjournant dans des zones endémiques, et non dans les alentours des aéroports européens. Cependant, la récente série de cas confirmés souligne l’importance d’une information claire et scientifiquement fondée.
Les spécialistes recommandent ainsi :
- Se protéger par des répulsifs et des moustiquaires lors des déplacements en zones tropicales.
- Consulter rapidement un professionnel de santé en cas de fièvre ou symptômes suspects après un séjour à l’étranger.
- Prendre connaissance des recommandations sur le paludisme à l’aéroport pour les personnels de piste et autres employés aéroportuaires.
- Éviter le transport de plantes, graines ou objets susceptibles d’héberger des vecteurs, conformément aux consignes illustrées dans ce article de prévention.
Dès lors, la vigilance autour du paludisme d’aéroport constitue un enjeu de santé publique spécifique, à la croisée des transports aériens et de la médecine tropicale. Cette problématique souligne la nécessité d’adapter en continu les mesures de contrôle pour répondre à la mobilité mondiale croissante.