Des riverains de l’aéroport de Beauvais dénoncent une dégradation croissante de leur cadre de vie liée aux intrusions nocturnes. Parmi ces incidents, une habitante a révélé que certains voyageurs se servent désormais de son jardin comme toilettes improvisées, soulignant un problème de voisinage en lien avec l’augmentation du trafic et les nuisances associées. Ce phénomène inquiète particulièrement alors que l’exploitant Bellova prévoit une modernisation majeure du site, accompagnée d’une progression d’environ 15% du nombre de passagers d’ici 2033. Le contexte est tendu : près de 600 riverains ont participé à l’enquête publique, manifestant à une large majorité leur opposition ou leurs préoccupations concernant les impacts environnementaux et sociaux de cette expansion.
Un bilan déjà lourd en nuisances : en 2025, l’aéroport de Beauvais a accueilli 6,67 millions de voyageurs, avec une croissance du trafic aérien de l’ordre de 65% depuis 2019, largement supérieure aux objectifs de la stratégie nationale bas carbone, qui prévoit un plafonnement à +14% d’ici 2030. Cette flambée s’accompagne d’un accroissement des troubles de l’ordre public, parmi lesquels les intrusions nocturnes dans les propriétés riveraines, des déjections humaines et des nuisances sonores récurrentes.
Des intrusions nocturnes ravivent les tensions autour de l’aéroport de Beauvais
La situation est particulièrement critique pour Juliette, commerçante et habitante de Tillé, au cœur du dispositif aéroportuaire. Elle témoigne d’intrusions régulières dans son jardin la nuit, où des voyageurs venus de l’aéroport se livrent à des toilettes improvisées. Cette intrusion répétée, aggravant un problème de voisinage déjà difficile, soulève des questions sur la sécurité locale et la gestion des flux de passagers aux abords du site. La difficulté à contrôler les déplacements nocturnes renforce les inquiétudes des habitants qui craignent un développement non maîtrisé des nuisances.

La réponse des autorités et de l’exploitant Bellova
Lors d’une réunion publique tenue le 8 septembre 2026, Anthony Martin, directeur exécutif de Bellova, a minimisé la corrélation directe entre ces comportements et les passagers de l’aéroport, évoquant un « déterminisme social contestable » et laissant entendre qu’il pourrait s’agir de personnes extérieures à la clientèle aérienne. Toutefois, cette explication n’a pas convaincu les riverains, qui dénoncent un manque de moyens en matière de surveillance et sécurité sur le périmètre de la plateforme.
Sur les autres facettes des nuisances, Bellova assure s’aligner sur les décisions du SMABT, propriétaire mixte de l’aéroport, qui a validé un plafond annuel de 45 000 mouvements d’avions. Néanmoins, les habitants s’inquiètent de l’impact sonore qui ne cesse de s’amplifier. « Il y a vingt ans, un vol passait par jour ; aujourd’hui ce sont 20 vols quotidiens, souvent en pleine nuit », déplore une riveraine de Bonlier.
Les nuisances sonores et le plafonnement du trafic aérien : vers un équilibre fragile
L’inquiétude est palpable à Fontaine-Saint-Lucien, où les décollages nocturnes réveillent régulièrement les habitants. Ce bruit prolongé vient s’ajouter aux autres effets délétères, parmi lesquels les nouveaux accès au site, l’augmentation du nombre de places de stationnement et la modification du réseau interne de la plateforme, suscitant un tollé général.
Les engagements officiels mis en avant par Bellova reposent notamment sur une part plus importante d’avions « nouvelle génération », moins bruyants et émettant moins de polluants. Cette flotte devrait passer de 33% à 50% d’ici 2033, limitant ainsi l’impact environnemental.
La mobilisation des riverains face au projet d’extension
Face à ces problématiques, plusieurs associations de défense des riverains s’organisent pour déposer une action collective contre l’extension. Avec l’appui d’avocates spécialisées dans le contentieux environnemental, elles entendent obliger Bellova et le SMABT à indemniser les habitants affectés par ces nuisances persistantes.
- Plus de 600 riverains. Participation à l’enquête publique, avec une majorité hostile au projet.
- 65% d’augmentation du trafic aérien depuis 2019, dépassant la cible nationale.
- Intrusions nocturnes signalées, avec déjections dans les jardins riverains.
- Plafonnement fixé à 45 000 mouvements par an, contesté par les populations locales.
- Augmentation du bruit et des troubles du sommeil pour les riverains.